Tenir entre ses mains un instrument doté d’une corde supplémentaire par rapport aux standards habituels modifie immédiatement la perception de l’objet. Cette configuration atypique bouleverse l’équilibre ergonomique connu et ouvre instantanément des portes vers des registres de basses plus profonds. C’est une invitation physique à repenser son approche musicale et à explorer des territoires sonores inaccessibles aux configurations classiques.
L’identification précise de cet objet sonore dépend grandement du contexte culturel et musical dans lequel on se trouve. Qu’il s’agisse d’une cithare millénaire venue d’Extrême-Orient ou d’une variante puissante de la guitare occidentale, la réponse à la question Quel est le nom d’un instrument à 7 cordes pincées ? ne se limite pas à un seul terme. Elle nous oblige à voyager à travers les époques et les continents pour découvrir une diversité organologique fascinante.
Le guqin, l’ancêtre vénérable venu de chine
Si l’on cherche la réponse la plus historique à la question Quel est le nom d’un instrument à 7 cordes pincées ?, le premier candidat est sans conteste le Guqin. Cet instrument est bien plus qu’une simple cithare ; c’est un véritable monument de la culture chinoise. Associé depuis plus de 3000 ans aux lettrés, il incarne la quintessence de l’élégance et de la retenue.
Le Guqin ne repose pas sur la virtuosité démonstrative, mais sur la subtilité et la résonance intérieure. Sa construction unique comprend une caisse de résonance longue et plate, traditionnellement fabriquée en bois de paulownia. Sur cette table sont tendues sept cordes, historiquement en soie torsadée, bien que l’acier gainé de nylon soit courant aujourd’hui.
Ce qui me fascine particulièrement avec cet instrument, c’est l’absence totale de chevalets mobiles. Contrairement au Guzheng ou au Koto japonais, le musicien modifie la hauteur des notes en pressant les cordes directement sur la table d’harmonie. Celle-ci est parsemée de treize repères incrustés, appelés hui, qui guident le placement des doigts.
Le son produit est d’une profondeur méditative incroyable, favorisant les harmoniques claires. Les cordes sont pincées par la main droite tandis que la main gauche glisse sur la surface laquée. Ces mouvements créent des portamentos caractéristiques qui imitent les inflexions de la voix humaine.
Le son du Guqin n’est pas fait pour remplir une salle de concert, mais pour dialoguer avec la nature ou avec son propre esprit.

La guitare russe et ses spécificités harmoniques
Changeons radicalement de décor pour nous tourner vers les salons de l’Europe de l’Est du XIXe siècle. Lorsqu’on demande Quel est le nom d’un instrument à 7 cordes pincées ? dans un contexte de folklore slave, la réponse est la guitare russe. Aussi appelée semistrunnaya gitara, elle possède une identité propre, bien distincte de la guitare espagnole.
La différence fondamentale, au-delà de la corde additionnelle, réside dans son accordage spécifique. La guitare russe est accordée en Sol majeur ouvert (Ré-Sol-Si-Ré-Sol-Si-Ré). Cette particularité change totalement la géométrie du manche et la manière de former les accords.
Pour moi, c’est une révélation harmonique qui offre des possibilités uniques d’accompagnement. Le pouce de la main gauche est fréquemment utilisé pour frester la corde grave par-dessus le manche. Cela permet de jouer des lignes de basse mélodiques tout en maintenant des accords pleins et résonants.
Cet instrument a connu son âge d’or au XIXe siècle et reste indissociable des célèbres romances russes. La tension des cordes y est souvent plus faible que sur les guitares folks modernes. Cela permet un vibrato très expressif et une attaque percussive de la main droite, essentielle pour rythmer les danses.
La guitare électrique moderne et le registre grave
Impossible d’aborder ce sujet sans évoquer la révolution instrumentale de la fin du XXe siècle. Si vous posez la question Quel est le nom d’un instrument à 7 cordes pincées ? à un amateur de musique actuelle, il désignera la guitare électrique 7 cordes. Popularisée par des virtuoses comme Steve Vai, elle a redéfini le son du rock moderne et du jazz fusion.
Ici, l’objectif n’est pas la tradition folklorique, mais l’extension de la puissance sonore. La septième corde est généralement un Si grave (Low B) ajouté en dessous du Mi grave habituel. Cela permet d’obtenir des sonorités lourdes et gutturales sans avoir à désaccorder l’instrument.
Pour le guitariste de jazz, cette corde supplémentaire offre des possibilités d’accompagnement de type « walking bass ». Elle permet de descendre dans le registre du violoncelle tout en conservant la tessiture aiguë pour les solos. C’est un gain d’autonomie considérable pour le musicien soliste.
Voici un tableau comparatif pour mieux situer ces trois instruments majeurs :
| Instrument | Origine | Type de cordes | Utilisation principale |
|---|---|---|---|
| Guqin | Chine (Antique) | Soie ou Métal/Nylon | Musique méditative, érudite |
| Guitare Russe | Russie (XVIIIe s.) | Nylon ou Acier | Romances, accompagnement vocal |
| Guitare Électrique 7 | USA/Japon (XXe s.) | Acier électrique | Metal, Jazz moderne, Djent |
Les défis techniques de la corde supplémentaire
Passer de six à sept cordes n’est pas une transition anodine pour un musicien habitué aux standards. Je parle d’expérience : la première prise en main est souvent déroutante et demande un temps d’adaptation. Le manche est sensiblement plus large, ce qui exige une modification de la posture de la main gauche.
Le pouce, qui servait souvent de point d’ancrage supérieur, doit pivoter davantage vers l’arrière du manche. Cette position plus académique est nécessaire pour permettre aux doigts d’atteindre la corde grave sans étouffer les autres. C’est un exercice d’ergonomie qui peut se révéler fatiguant au début.
Un autre aspect crucial est la gestion de la résonance sympathique et des bruits parasites. Avec une corde de plus, vous avez une surface vibrante supplémentaire qui peut « buzzer » si elle n’est pas contrôlée. La technique de main droite doit donc devenir plus propre, utilisant la paume pour étouffer les cordes inutilisées.

Pourquoi opter pour sept cordes ?
L’intérêt principal réside dans la polyvalence extrême qu’offre cet ambitus élargi. Vous n’êtes plus cantonné au rôle de simple accompagnateur ou de soliste dans le médium. Vous pouvez descendre dans les fréquences basses pour soutenir l’harmonie avec une autorité nouvelle.
- Extension des arpèges : Sur une guitare à 7 cordes, les arpèges peuvent s’étendre sur plus de trois octaves sans démanché excessif.
- Voicings enrichis : La corde grave permet des renversements d’accords impossibles sur 6 cordes, donnant une couleur pianistique.
D’autres variantes historiques et rares
Bien que le Guqin et les guitares soient les réponses les plus évidentes, d’autres instruments répondent à cette définition. La viole de gambe, bien qu’étant un instrument à archet, possède souvent 7 cordes. Elle se joue fréquemment en pizzicato (pincé) dans le répertoire baroque français, offrant une sonorité très proche du luth.
Il faut également mentionner certains luths et théories qui, au fil des siècles, ont adopté des configurations complexes. Des modèles à 7 chœurs simples ont existé, cherchant à étendre la tessiture vers le grave. Ces instruments témoignent de la recherche constante des luthiers pour repousser les limites physiques de la musique.
Il existe aussi des variantes hybrides comme le banjo à 7 cordes, bien que plus anecdotiques. Cependant, si l’on s’en tient strictement à l’appellation « instrument à 7 cordes pincées » dans la culture actuelle, le trio Guqin/Guitare Russe/Guitare Metal reste prédominant. Ce sont eux qui ont défini les standards de jeu pour cette configuration.
L’impact sur la composition musicale
L’ajout d’une septième corde a transformé la manière de composer pour les instruments à cordes pincées. Dans le Metal moderne, cela a créé le genre « Djent », caractérisé par des rythmiques syncopées sur la corde la plus grave. Cette corde devient un élément percussif autant que mélodique.
Dans la musique classique chinoise, les 7 cordes du Guqin ont une portée cosmologique. Elles représentent les 5 éléments fondamentaux, auxquels ont été ajoutées deux cordes par des rois légendaires. Ici, la composition est intrinsèquement liée à une vision philosophique de l’univers.
Personnellement, je trouve que composer sur un instrument à 7 cordes force à repenser l’espace sonore global. On ne cherche plus à remplir le vide avec d’autres instruments, car l’instrument lui-même occupe un spectre colossal. C’est une sensation de puissance et d’autonomie créative très stimulante.
Une invitation à l’exploration sonore
Explorer le monde des instruments à sept cordes revient à accepter de sortir de sa zone de confort technique pour découvrir des horizons contrastés. Que l’on soit attiré par la philosophie millénaire du Guqin, la mélancolie romantique de la guitare russe ou l’énergie de la guitare électrique, la démarche reste la même. Il s’agit d’une quête de profondeur et d’enrichissement harmonique.
Ces instruments ne sont pas de simples curiosités, mais des outils d’expression qui brisent les limites fréquentielles habituelles. Je recommande vivement à tout passionné de cordes pincées de s’y essayer au moins une fois. La richesse des timbres et l’assise des basses offertes par cette septième corde valent largement l’effort d’adaptation nécessaire.
FAQ
Le guqin est l’instrument chinois traditionnel à sept cordes pincées par excellence. Vénéré par les lettrés depuis des millénaires, il se joue sans chevalets mobiles et produit des sons profonds, méditatifs et très subtils.
La guitare russe, ou semistrunnaya gitara, est une variante acoustique populaire au XIXe siècle. Elle se distingue par son accordage spécifique en Sol majeur ouvert, ce qui la rend idéale pour l’accompagnement des romances slaves.
La guitare électrique à 7 cordes ajoute généralement une corde grave accordée en Si (Low B) sous le Mi grave. Cela permet aux guitaristes de metal et de jazz d’atteindre des registres beaucoup plus lourds.
Passer à sept cordes demande un temps d’adaptation significatif, notamment pour la main gauche car le manche est plus large. Il faut aussi impérativement maîtriser l’étouffement des cordes pour éviter les résonances sympathiques indésirables.
La corde supplémentaire offre une extension majeure des basses et enrichit les possibilités harmoniques. Elle permet de jouer des arpèges plus vastes et des renversements d’accords inédits, augmentant considérablement l’autonomie du musicien soliste.
Outre les guitares et le guqin, la viole de gambe possède souvent sept cordes et se joue parfois en pincé. Certains luths historiques et des banjos ont également adopté cette configuration pour étendre leur tessiture.






